Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 19:12

DE

NEW YORK







A

ROME



l'inscription à la news letter vous permettra d'être au courant de la suite
Par aldente - Communauté : Le Livre Virtuel
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 20:11
De new York à Rome (comédie policière) est l’histoire d’Andrea, jeune inspecteur d’Interpol de 28 ans. De père Italien et de mère Irlandaise, il est le mélange étonnant de ces deux cultures, ainsi que le mélange d’un James Bond qui aurait rencontré la mère de l’inspecteur Cluzot lors d’un repas trop arrosé, voir l’inverse. Il va nous mener à travers ses compétences, mais aussi ses doutes, ses maladresses et son courage fuyons, dans une enquête ou la mafia, le FBI, la CIA ainsi que les services spéciaux italiens ne sont pas grand-chose sans le groupe mythique Led Zeppelin. Pour résumer, il est fort mais pas courageux, il est beau mais trop timide, il est intelligent mais il ne le sait pas (sauf sa mère), il est expert en informatique surtout sur les sites a caractère pornographique. En tout cas le sourire est garanti.
Par aldente - Communauté : J'ai envie de rire!!!
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 12:18

          « There’s a lady who sure….. », Il est 7h30 du matin et comme tous les matins je me réveille avec la chanson de Led Zep « Starway to heaven ». Les guitares du début me font ouvrir les yeux tout doucement, ensuite le rythme s’accélère, la batterie arrive. A ce moment précis, je m’assois sur mon lit. Je m’étire, je me frotte le visage et je fais une reconnaissance très vague des lieux. Mes yeux ont une fâcheuse tendance à vouloir se refermer. Ensuite les guitares deviennent saturées, Robert Plant, le chanteur hausse le ton. Je suis à la bourre, il faut que je me lève immédiatement. Cette chanson dure bien 10 minutes et tous les matins en ouvrant les yeux, je me dis qu’il faut que je me lève de suite. Mais il n’y a rien à faire, au moment où Robert Plant commence à hurler, je me dis « Putain, je suis à la bourre !!! ». C’est bien simple, j’ai l’impression qu’il me dit en gueulant « Allez Andrea ! T’es encore à la bourre ! Magne-toi, sinon je te colle mon pied aux fesses ! ». Je sais, c’est une interprétation très personnelle, mais cela a l’avantage de me faire bouger, sinon je retombe dans le coma.

               J’habite un petit deux pièces dans le 14ème arrondissement de Paris près de Denfert-Rochereau, au 6ème étage. Il a l’avantage de ne pas avoir de vis à vis ce qui me permet donc de me balader à poils sans que les mémés du quartier appellent police secours en criant qu’un exhibitionniste les persécute. Les fenêtres sont assez grandes pour faire passer la lumière qui se réfléchit sur les murs blancs de mon appartement ainsi que ceux de ma chambre. Avec 40 m², le blanc me donne l’impression d’avoir de l’espace. D’ailleurs dans le salon, un canapé noir, une télé, et une table basse se battent pour avoir de la place. Ma chambre n’est pas mieux, un lit, un ordinateur et une armoire s’y croisent durant la journée avec le fol espoir que l’un ou l’autre disparaisse afin de mieux respirer. Mon armoire part avec un avantage sachant qu’elle est à moitié remplie, l’autre moitié se trouve un peu partout par terre, les chaussettes en particulier. Les hommes ont un rapport très conflictuel avec les chaussettes. C’est vrai, on a besoin d’elles car elles nous réchauffent, nous empêchent d’avoir des ampoules, nous apportent un brin d’élégance sous un costume ou un pantalon quelconque, mais dés qu’on les enlève, pour se venger de leurs avoir marcher dessus toute la journée, elles puent ! Du coup, on les envoie balader un peu partout de manière nonchalante pour leur montrer qui est le maître dans cette demeure. Je suis célibataire et je n’ai pas de compagne qui me demande de les ranger, c’est peut être aussi cela le problème.

          Isabelle est partie, il y a trois semaines. Cela faisait quatre mois que j’étais avec elle. Je n’ai jamais réussi à tenir plus de cinq mois avec une fille. Elles ne doivent pas aimer Led Zep que je consomme quotidiennement, ou alors mais mes chaussettes les chassent, ou tout simplement c’est moi qui n’arrive pas à les retenir. Pourtant, au début, elles sont toujours amoureuses, mon charme latin les enivre, mes yeux noirs en amande, mes cheveux tout aussi noirs et courts mais pas en amande, ainsi que ma fossette sur la joue droite ne les laissent pas indifférentes. Je ne pense pas que ce soit mon mètre quatre vingt huit qu’il leur fasse peur. Je devrais plutôt écouter ma mère. Elle me demande de m’impliquer un peu plus, les femmes ont besoin de se sentir aimer, et d’être un peu plus démonstratif dans mes sentiments. Je ne pense pas avoir de problème de ce côté là, je crois plutôt que je n’ai pas trouvé la bonne personne à aimer, mis à part ma mère.

          Ma mère est irlandaise, elle a rencontré mon père à Paris dans les années 70. Mon père lui, est italien, et le mélange des deux au masculin, c’est moi ! Le mélange des deux au féminin, c’est ma sœur, aussi appelée Laureen, qui habite Marseille. Ma mère étant de Dublin et, mon père de Rome, ils ont voulu sans doute rester sur Paris, à l’époque, pour être à mi-chemin des deux cités. A moins que ce fut un moyen d’échapper à leurs familles respectives. Il faut dire que ces deux pays sont peut-être aux extrêmes des frontières géographiques de l’Europe mais se ressemblent par leur côté très famille et très catholique, surtout à l’époque.

          J’adore mes parents et ils me manquent beaucoup depuis qu’ils ont décidé de prendre leur retraite, il y a un an, en Italie près de Rome. Ils ont toujours les yeux qui pétillent lorsqu’ils se regardent, ils surveillent leurs progénitures de très près et quelque fois trop. C’est pour cela que ma sœur ne s’est pas faite prier pour partir à Marseille.

          C’est en partie grâce à mes racines que j’ai pu intégrer Interpol. Ma maîtrise de l’anglais et de l’italien fut un élément déterminant. Il faut dire qu’à la maison, on parlait toutes les langues. Avec ma sœur, je parlais français, italien avec mon père et anglais avec ma mère et quand on s’engueulait, cela ressemblait à de l’esperanto mais en argot. C’est bien simple, lorsqu'on invitait des amis à manger, en guise de dessert, on leur offrait des aspirines. C’était très dur pour des non initiés de suivre une conversation à la maison. Pour corser le tout, j’avais, et j’ai toujours d’ailleurs, la fâcheuse habitude de parler anglais avec l’accent italien pour le plus grand bonheur de mon père, et de parler italien avec l’accent anglais qui offrait, et qui offre toujours, à ma mère un sourire béa. D’autant plus que cela énervait, et énerve toujours, mon père.

          Il est 8 heures un quart, le temps commence à presser, j’enfourche mon scooter. Je suis le roi du scooter. Depuis l’âge de 14 ans, je me faufile avec dextérité entre les voitures, les bus, les chiens et leurs crottes. Je suis imbattable, j’ai écœuré tous mes copains de l’époque. J’ai aussi écœuré toutes les filles avec lesquelles je voulais faire un tour. Ces tours, avec elles, se terminaient pratiquement de manière identique. Soit elles partaient en courant tout en criant au fou, soit elles me foutaient une baffe, soit elles vomissaient lamentablement sur mes baskets. Ma mère ne comprend toujours pas pourquoi mes baskets sentaient le vomi, alors que je lui disais que j’avais marché sur une merde de chien.

          De toute manière, ma mère m’engueulait très rarement. Sauf une fois, où le jour de mes 18 ans, je me suis fait tatouer sur le haut du bras gauche le mot « liberté » en calligraphie chinoise.

¬— « Tu es sûr que ce n’est pas marqué Abruti ». M’a-t-elle hurlé.

       Elle m’a fait la tête pendant une semaine, elle ne rangeait plus ma chambre. Les chaussettes s’entassaient sérieusement. Quant qu’à mon père, il m’a parlé dans un langage qui devait ressembler à du chinois, ou du congolais (il n’est pas doué pour les imitations) pendant deux longues semaines. Ma sœur, elle, a bien rigolé pendant cette période
.

Par aldente
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 17:13

Ça y est, je suis arrivé au Quai d'Orsay. Je suis inspecteur à Interpol au sein d’une petite cellule de liaison à Paris. Mon boulot consiste principalement à fournir à mes correspondants étrangers des fichiers et des renseignements sur des individus ou des sociétés français, d’où nos bureaux au Quai d'Orsay et non à Lyon, au siège d’Interpol. C’est beaucoup de paperasse et d’informatique, nous allons rarement sur le terrain, sauf cas exceptionnel.

Je ne m’en plains pas, le boulot est sympa, on discute avec le monde entier et on a l’impression de servir à quelque chose. Et puis, malgré mes 15 ans d’art martiaux, je ne suis pas un bagarreur. La dernière fois que je me suis battu, je devais avoir 14 ans. Pascal, un copain du quartier, avait fait tomber ma glace sur mon t-shirt et cela ne m’avait pas plu. Il faut dire qu’à cet âge là, une glace c’est drôlement important et la moquerie des petites copines tout autant. En tout cas, il n’a plus jamais recommencé, et moi non plus d’ailleurs après la raclé que mon père m’a mis et les pleurs de ma mère. Elle me voyait déjà en prison, toujours, sous le regard hilare de ma sœur. J’ai toujours été baraqué, 1m88 et 80 kg, on vient rarement venir vous chercher des ennuis. Ou alors, il faut le faire exprès, comme d’entrer dans un vestiaire de rugby et les traiter de petites tapettes. Mais ça, je ne l’ai jamais fait, comme quoi je suis relativement sain d’esprit.

 

— « Salut ! Andrea »

— « Salut ! »

 

Je ne me rappelle plus de son prénom à celui là, ni même de son nom d’ailleurs. De plus, je n’ai, du coup, jamais osé lui demander, et je ne sais même pas comment il connaît mon prénom. Mais bon, on est à la police et il ne faut pas trop s’étonner de ces choses là. Mon bureau, que je partage avec ma collègue Anna, est sous les toits. C’est simple, la table qui est rangée, c’est la place d’Anna et l’autre donc, c’est la mienne. Un velux nous permet de connaître l’heure, même si cela reste approximatif. Je ne sais jamais combien de décalage nous avons avec le soleil, que l’on voit d’ailleurs assez rarement à Paris et cela, même au printemps. En tout cas, cela donne une lumière agréable et cet environnement de travail est ma foi, très sympathique.

 

— « Salut mon beau ! Alors toujours célibataire ? » Me lance-t-elle.

C’est la phrase du lundi. Le sourire que je lui adresse fait apparaître ma fossette, celle qui ne trompe pas, celle de l’affection.

— « Salut ma grande ! ».

 

En fait, elle n’est pas grande, elle doit faire 1m60 à tout casser et je l’adore. Elle est brune aux cheveux courts et une sorte de frange effilée qui lui tombe sur ses yeux noirs rieurs. On s’apprécie énormément tous les deux, elle est ma confidente et réciproquement. Toujours en jeans et t-shirt, un charme se dégage d’elle qui apaiserait un yeti, c’est tout dire ! Elle est un peu comme moi, en moins bordélique. Elle n’arrive pas non plus à garder un mec, ce qui est pour moi incompréhensible. Je n’ai, pourtant, jamais songé être plus qu’un ami pour elle. Moi, je préfère les femmes plus élégantes, voir plus sexy, une femme capable de porter des portes jarretelles. Elle, préfère les hommes plus élégant aussi, style Versace. Il n’existe pas l’équivalent des portes jarretelles au masculin et c’est dommage. Moi, la moindre jupe fendue et le moindre porte-jarretelles me fait affluer le sang dans tous les membres, mes mains sont chaudes, mes doigts de pieds aussi et je ne parle pas du reste. Une fois, j’ai essayé de mettre des caleçons un peu originaux comme avec des petits cœurs, j’ai même essayé un string, mais en réalité cela les a fait beaucoup rire et moi, ça m’a cassé la baraque. Vivement qu’il y est quelqu’un qui invente le porte-jarretelles masculin, afin qu'on puisse enfin voir un brin d’excitation et d’envie sur la personne en face et non plus un rire moqueur.

 

— « Allez, viens ! Je t’offre un café »

 

Anna a de la chance, je n’arrive pas à commencer la journée sans que je prenne un petit noir et donc tous les matins, je lui offre cette boisson qui a pratiquement les mêmes vertus que les riffs de « Whole lotta love » de Led Zep, c’est-à-dire un brin de plaisir et d’émotions et surtout un coup de fouet.

 

— « Alors ! Comment s’est passé ton week-end ? Ton corps n’a pas trop souffert ? Pas de marque de griffures ni de rouge à lèvres dans des endroits incongrus ? » Dit-elle en se marrant.

Parfois, je me dis que je lui en dis trop.

— « Non, vu le temps, je pensais qu’elles étaient toutes planquées chez elles. J’ai donc essayé de trouver mon bonheur sur Internet, mais a priori j’ai plus réalisé les fantasmes de mon agent de France Telecom que les miens. (C’est vrai que mon agent est très vénal). Et toi ? Toujours à Rouen avec tes parents ? »

— « Ouais ! » Me dit-elle d’un air dépité. « Il faudra un jour que je coupe le cordon, sinon je vais terminer vieille fille. »

Par aldente - Communauté : J'ai envie de rire!!!
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 09:40

        C’est sur ces belles phrases, que la semaine commence. Nous repartons vers nos bureaux respectifs. Anna a déjà commencé à être productive, alors que moi j’en suis toujours à chercher mon stylo et mes papiers. Je suis content, j’ai retrouvé un numéro de téléphone que j’avais égaré il y a un mois. Il faudra vraiment que je songe à ranger ce bureau un jour. L’inconvénient, c’est le laps de temps qu’il y a entre le fait de le songer et le faire. Ça peut prendre, euh……………du temps.
       La semaine ne commence pas trop mal, le boulot n’afflue pas pour une fois. Quelques vérifications pour savoir si des individus sont fichés chez nous et c’est tout. Je vais pouvoir me rechercher un café. La recherche d’une rencontre sur Internet m’a crevé ce week-end, c’est quand même moins crevant en boîte de nuit. Quoi que, écouter de la musique techno en gueulant à la fille qu’elle vous plaît, je me demande si je ne préfère pas Internet et Led Zep. Surtout qu’avec le bruit en boîte, on ne sait jamais si elle vous a répondu « c’est gentil, merci » ou « vas te faire voir, abruti ». En tout cas, il y a toujours un i à la fin.

— « ANDREA ! DANS MON BUREAU ! »

     C’est le Boss, je l’avais oublié celui là. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas l’avoir vu passer, il faut vraiment que je reprenne un café. A moins que tout simplement, le boss soit arrivé avant moi. 
     Comme son surnom l’indique, le boss, c’est mon supérieur. Il supervise notre cellule et fait le lien entre le siège d’Interpol et le ministère de la justice et des affaires étrangères. Cela lui donne de l’importance, du moins le croit il. Pris au second degré, c’est un personnage attachant qui aime les gens avec qui il travaille, même s'il ne veut pas le montrer. Il doit bien mesurer 1m70 et peser 85 kg, le crâne dégarni et sa moustache qui rebique un peu, il ne manque pas de charisme. Il suffit juste de ne pas le prendre à rebrousse poils et il devient un personnage capable de beaucoup donner.

 — « Assis-toi, Andrea, j’ai quelque chose pour toi. Tu as passé un bon week-end ?»
— « Pas trop mal ! »

      Je n’allais pas raconter mes problématiques sexuelles au boss. Déjà qu'il n’a pas un sens de l’humour hyper développé, en plus il s’en fout quelque peu. Il croit qu’il est au-dessus de cela. De toute façon son air soucieux m’intrigue, il se frotte le front en croyant qu’il lui reste quelques mèches, puis se gratte la moustache tout en regardant fixement une feuille sur son bureau. Je n’ai pas l’habitude de le voir comme ça et j’attends de savoir ce qu’il a de si important à me dire. 

 — « Je crois que tu connais Elena ? Et que sais-tu de la famille Morno ? » me demande-t-il.
 — « Ben, Elena, je la connais surtout par téléphone puisqu’elle est ma correspondante en Italie. Pour la famille Morno, c’est une famille de mafieux très influente paraît-il. Qu’est ce qui se passe ? »

    Il essaie de nouveau de rabattre une mèche imaginaire puis se regratte la moustache. Enfin, il me regarde.

— « Je sais que vous avez pas trop l’habitude d’être sur le terrain, mais là il faudra me montrer qui vous êtes. Vu que tu connais Elena et que tu parles italien, tu es sans doute la meilleure personne pour accomplir la mission que nous ont confié les ritals. Euh ! Excuse-moi, les Italiens. »

Il s’arrête un instant avant de reprendre.

— « Elena a eu une information, comme quoi Morno a été victime d’un piratage informatique et que ce piratage vient d’une adresse informatique à Paris et plus précisément d’un cybercafé dans le deuxième arrondissement. Il faut savoir qui est derrière tout cela. Je sais que tu es un peu novice mais Elena a visiblement confiance en toi et aimerait que tu t’occupes de l’affaire. Pour ma part, j’étais un peu réticent à cause de ton manque d’expérience, mais bon, j’ai décidé de te faire confiance. Sache tu as carte blanche… Tu me mettras au courant ainsi qu’Elena. Voilà l’adresse et les éléments dont on dispose, tout est dans ce dossier. »

       Il me tend le dossier tout en gardant son air soucieux. J’aurais préféré qu’il me dise, Andrea tu es le meilleur, tu es fait pour cette mission et en plus tu es beau, mais bon, cela a le mérite d’être sincère. C’est vrai que ce n’est pas agréable d’entendre dire, Andrea tu es une merde et comme je n’ai personne sous la main… Je me réconforte par le comportement d’Elena et la confiance qu’elle me témoigne. Je ne l’ai jamais vu, mais à chaque fois que l’on s’appelle ou que l’on s’envoie des mails, le courant passe.

 — « Au fait Andrea ! Il en va de l’honneur de notre section à Paris, alors pas de conneries. Le ministre veut des résultats et faut lui en donner. »

— « OK » D’habitude, j’aurais souri sur sa dernière phrase, « le ministre veut des résultats ».

      Il adore dire cette formule, cela lui donne une importance. En fait, nous savons très bien qu’il ne connaît aucun ministre mais nous faisons semblant de le croire. Il en retire une fierté que même Jules César n’aurait pas reniée.  
     Je retourne au bureau d’un air pensif. Moi qui espérait être peinard cette semaine. Mes sentiments sont mitigés. Je suis à la fois content de sortir de mon train-train quotidien et un peu inquiet par la pression qui me tombe d’un coup sur les épaules sans que je m’y attende.

 — « T’en fait une tête ! Le boss t ‘as allumé ? » Me demande Anna.

     Je lui explique brièvement de quoi il en retourne. Brièvement, car en fait je n’en sais pas beaucoup plus. Je consulte rapidement le dossier et je n’en sais toujours pas plus. Il y a l’adresse du Cybercafé et rien de vraiment enthousiasmant. Avec ça, l’honneur de la section risque d’en prendre un coup. C’est cela qui m’embête, avec aussi peu d’éléments (c’est-à-dire un seul), si je me loupe, je pourrais adieu à la confiance du boss. Je décide d’appeler Elena, elle, au moins pourra m’en apprendre davantage. J’aime bien parler italien ou anglais, j’ai l’impression de changer de peau à chaque fois que j’utilise une autre langue.

 — « Ciao Elena ! Come stai ? »

 — « Andrea ! bene e tu ? »

      Je ne sais pas comment Elena est physiquement, mais sa voix dégage une sensualité qui ferait rougir n’importe quel téléphone portable, et ce, malgré un accent romain prononcé. Après les politesses, je décide d’attaquer le vif du sujet.

— « Je t’appelle, suite à l’affaire que tu nous a laissé. Je ne te cache pas que vu le peu d’éléments en notre possession l'histoire risque de tourner court. »

— « Écoute Andrea » me dit-elle avec un ton moins suave. — « Nous suivons, depuis pas mal de temps maintenant, les agissements de la famille Morno. On l’a mis sur écoute, on essaie de pénétrer son système informatique mais sans grand succès. C’est un gros dossier pour nous. Il est la pièce angulaire d’un système mafieux international, on en est sûr : Blanchiment d’argent, drogue, etc. Vendredi dernier, on s’est rendu compte que quelqu’un a essayé de pirater son système informatique. On ne sait pas si il a réussi, mais on a pu tracer l’ordinateur du hacker. C’est le seul renseignement qu'on ait. Il faudrait savoir qui il est ? et pour qui il travaille ? On a toujours eu des bons rapports tous les deux et j’aimerais que tu nous aides. C’est important. »

       Un blanc de quelques secondes laisse entrevoir que la digestion de ces informations est plus difficile que l’absorption des cookies ratés de ma mère. La boule que j’ai dans le ventre, me signale que cette histoire peut m’entraîner loin. Généralement, j’avais cette boule avant de manger les fameux cookies, mais pas après. 

 — « Je te promets que je vais faire mon possible. Je te tiens au courant. »

— « Grazie. » Elle reprend sa voix suave. « Et fait quand même attention Andrea, je t’embrasse. »

       Elle m’embrasse ! C’est ce que j’attendais depuis ce matin. C’est marrant, mais je n’ai plus besoin de café. J’ai une pêche d’enfer. Anna se marre derrière sa simili frange. A chaque fois qu’une personne de sexe féminin me parle gentiment, je deviens tout fou. Je suis prêt à escalader le Mont Blanc pieds nus en fumant 4 paquets de cigarettes. Bon ! Il faut que je retourne faire un topo au boss. Et là par contre, je sais que je vais ressortir en toussant et en ayant froid aux pieds.

— « A toi de jouer maintenant ! » me lance le boss en se replongeant dans ces dossiers.

Par caramel
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