Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 17:02

Les bureaux d’Elena se trouvent Largo di Torre Argentina, entre la Machine à Ecrire (c’est-à-dire le monument dédié à Victor Emmanuelle II) et la place Navonne. Cela tombe bien, j’ai un bus qui m’y emmène directement. J’ai rendez-vous à 9h30 et j’ai donc le temps de remettre mes chaussettes dans mon sac de voyage et de dire au revoir à mes parents. Ma mère me tend un sac.

 

— « Tiens ! Des cookies. Comme cela en les mangeant, tu penseras un peu à moi. » Me dit-elle en souriant.

 

C’est sûr, je ne pourrais pas penser à quelqu’un d’autre. J’entends d’ailleurs mon père glousser derrière elle. Il doit être content car sinon il aurait dû les finir. C’est peut-être aussi pour cela qu’il m’étreint d’une manière virile et remplie d’émotions. J’ai l’impression qu’il me dit merci de les avoir pris. Ma mère m’embrasse un peu partout sur le visage en me faisant promettre de l’appeler bientôt. Je ne leur ai pas dit que j’avais pris un hôtel près des bureaux d’Elena, sinon à tous les coups, j’étais bon pour rentrer à l’heure pour le dîner, avec, en plus, l'obligation de rester près d’eux pendant toute la soirée.

 

Le bus est bondé comme d’habitude, cela ne change pas trop de Paris et de ses transports en commun. J’ai hâte de rencontrer Elena, même s'il y a de fortes chances que je sois déçu. Effectivement, si son corps est aussi sensuelle que son corps, je risque sans doute de rester immobile devant elle sans rien pouvoir dire; mais souvent ce n’est pas le cas donc la probabilité que je sois déçu est très forte. A force de vouloir imaginer son visage, j’en oublie presque ma station. Heureusement, une vieille dame me bouscule pour descendre et je m’aperçois que je suis arrivé.

 

Je reste un instant debout, mon sac à la main. Je vérifie l’adresse et commence à vouloir traverser la rue pour me rendre à destination. Soudain, deux hommes se dirigent vers moi. J’ai du mal à les distinguer, ils portent des lunettes de soleil. L’un est en jean et baskets et l’autre en costume gris. Je les regarde tout d’abord sans me méfier, et avant que je ne réalise vraiment, le gars en costard me prend le bras.

 

« Andrea ? » me dit-il.

 

« Oui. » lui répondis-je un peu inquiet.

 

 

— « Suis nous sans histoire dans la voiture, sinon je te troue. » me dit le gars, en jean, en argot romain difficilement compréhensible.

 

Au début, j’ai eu du mal à réaliser. Puis, c’est la panique. Je me dis qu’après Patrick et Eddie, c’est mon tour et qu’ils ont encore l’air moins sympa que mes copains du FBI, c’est tout dire. En une fraction de seconde, je décide de leur balancer mon sac à travers la tronche. Le gars en jean tombe à la renverse, alors que l’autre réussit à attraper mon sac. Je vois son visage se déformer de haine derrière ses lunettes. Je ne lui laisse pas le temps de réaliser et lui balance un direct du droit en plein visage, vu qu’il a les mains occupées par mon sac. Je pense qu’il va s’en souvenir longtemps de celui-là. Je fais un pas en avant pour pouvoir récupérer mon sac, mais je m’aperçois que son copain en baskets commence à récupérer. N’écoutant que mon courage, je commence à courir dans la direction opposée. Je sens que mes nouveaux amis romains commencent à suivre mes pas. Au feu, je vois un adolescent qui regarde la scène, assis sur son scooter. Je pousse l’ensemble violemment par terre, prend le scooter et démarre.

 

Passé de l’autre coté du carrefour, je ralentis pour regarder où en sont mes poursuivants. Le mec à lunettes retourne dans la voiture qui démarre en trombe, alors que celui en basket négocie avec violence un scooter et se dirige vers moi. Je dois avoir cinquante mètres d’avance sur eux et je n’ai plus le temps de me retourner. J’ai le palpitant en délire. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je me dirige directement vers la place de Venise qui se trouve à côté. C’est la place où se trouve le fameux monument en forme de machine à écrire, mais c’est aussi la place où convergent de nombreuses voitures. Cela me permettra au moins de larguer la voiture. Je traverse pratiquement de biais cette place, les voitures pilent devant moi, klaxonnent et m’insultent. Vu le nombre de coups de freins et d’insultes, j’ai dû laisser un sacré bordel derrière moi. Je suis maintenant sur l’avenue des forums impériaux qui descend directement sur le Colisée. Cette avenue est droite et longue, j’aurais plutôt dû prendre les petites rues. Je jette un petit coup d’œil derrière moi. Je ne vois plus la voiture, par contre le scooter a réussi à déjouer les pièges de la Place de Venise. Je décide de prendre la direction du café de tonton Enzo. Dans ce quartier, il y a un tas de petites rues et si je réussis à prendre suffisamment de distance, je serais introuvable. Je passe comme une furie devant le Colisée qui en a vu d’autres et prend la direction du cirque Maxime; je manque d’ailleurs d’écraser plusieurs touristes. En dix minutes, j’ai dû me faire insulter dans toutes les langues de la terre. Je remonte désormais l’avenue qui longe le cirque Maxime, cirque qui n'est en fait plus qu’une immense pelouse servant plus à jouer au foot qu’à faire des courses de char. Je regarde une nouvelle fois derrière moi, le scooter n’est plus qu’à vingt mètres de moi. Au carrefour de la Place de la Bouche de la Vérité, je décide d’y aller à fond les yeux fermés ou presque. Je passe et je sens que derrière moi mon poursuivant a stoppé. Je dois avoir maintenant cent mètres d’avance et j’approche enfin de ma destination. Je délaisse le Tibre et rentre dans le quartier de tonton Enzo. Je passe dans la Via Julia, une petite rue pavée aux allures de la Renaissance, puis je prend une rue à droite, encore à droite et à gauche, je m’arrête, cache le scooter sous une porte, me planque sous une autre en face et attend.

Par caramel
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 11:55

Je reste bien planqué au moins dix minutes. J’ai encore le souffle court et je n’ose pas bouger une oreille. Je suis caché dans une petite rue ombragée qui donne sur la Place Farnèse, là où se situe l’ambassade de France. Je suis tellement peu rassuré que j’ai presque envie d’y aller pour demander mon rapatriement d’urgence. Je ne suis pas loin non plus du bar de tonton Enzo, mais je préfère ne pas le mêler à ces affaires. Il faut d’abord que je reprenne mes esprits.

 

Quinze minutes plus tard, je me sens un peu plus relax. Ils devaient être sacrément bien renseignés pour m’attendre devant les bureaux d’Elena. Soudain, je panique. Ils ont mon sac avec le cd rom de Pierre. Je passe mes mains sur mes cheveux et me frotte le visage. Ce n’est pas vrai ! Ils ont le cd rom. Même si Pierre a pris la précaution de cacher les fichiers dans un des ordinateurs de sa fac, le problème est que maintenant la famille Morno aura un coup d’avance sur nous et ils pourront prendre leurs précautions. Mes nerfs commencent à lâcher, je me marre tout seul dans mon coin. Je repense aux cookies de ma mère. J’aimerais bien voir leurs têtes s'ils osent en manger ne serait-ce qu’un. Et je continue de me marrer tout seul.

 

Je jette un coup d’œil sur la Place Farnèse, elle semble calme, seuls quelques touristes sont là à admirer la façade. Mes poursuivants sont sans doute encore à ma recherche et sûrement devant le bureau d’Elena pour m’attendre. Il est temps maintenant de reprendre mes esprits et d’appeler Elena.

 

« Elena ! C’est Andrea. ».

 

« Andrea ! Tu es où ? Cela fait une heure qu'on t’attend » Me répond-t-elle d’une voix énervée.

 

 

— « Écoute ! J’ai eu un problème en arrivant à ton bureau. J’étais attendu juste devant chez vous. » Je reprend mon souffle puis continue. « J’ai dû m’enfuir après m’être battu avec eux. Je suis Place Farnèse maintenant, je pense qu’ils doivent toujours m’attendre devant vos bureaux. Il faudrait que tu viennes me chercher. »

 

Elena reste quelques secondes sans me répondre. Elle semble interloquée.

 

— « Mais comment ont-ils pu savoir ? » Me répond-t-elle. « On vient te chercher tout de suite. »

 

Je vais enfin savoir à quoi elle ressemble. Je sais que je devrais avoir une autre réflexion que celle de découvrir le physique de ma collègue italienne, mais au moins j’en oublie ma peur et je dirais même que cela me redonne du courage. Car contrairement aux films de James Bond, il faut avouer que j’ai cru que ma dernière heure était arrivée. De plus je suis en nage et tout rouge et mes cheveux sont complètement ébouriffés. James Bond a une toute autre allure lorsqu’il doit faire des courses poursuites en voiture, en moto et même lorsqu’il saute d’un avion à dix mille mètres d’altitude sans parachute poursuivi par quinze skysurfers. Je me rends compte soudainement que je ne suis pas fait pour l’espionnage.

 

Je suis interrompu dans mes réflexions hautement philosophiques par l’arrêt d’une voiture noire sur la place. Une femme en descend, se tient debout et regarde tout autour de la place. Cela doit être Elena. De mon emplacement, elle a l’air superbe et très élégante. Elle est grande, habillée d’un tailleur noir aux fines rayures blanches où la veste est assortie au pantalon. Je me risque à m’avancer vers elle. Je regarde tout de même à droite et à gauche pour plus de sécurité. J’aperçois enfin son visage, elle me sourit. C’est une bombe !

 

— « Andrea ? » Me dit-elle ravie.

 

Je balbutie un « oui » avec un sourire niais qui doit trahir mes pensées fantasmagoriques. Elle m’invite à la rejoindre à l’arrière de la voiture.

 

— « Je suis très contente de te rencontrer enfin, Andrea. »

 

Je balbutie à nouveau un « moi aussi Elena ». Elle est l’archétype même de la beauté italienne. Ses cheveux noirs descendent au dessous de ses épaules, ils sont jetés en arrière pour mieux laisser apparaître son visage. Elle a un large front qui domine ses yeux d’un vert turquoise impressionnant. Un rouge à lèvres sobre dessine des lèvres délicates. Elle doit faire 1m75 sans les talons et son tailleur laisse deviner des formes dignes d’un calendrier Pirelli.

 

— « On retourne au bureau faire le point. » Me dit-elle.

 

  Derrière la vitre de la voiture, je regarde passer la vie devant moi. J’essaie de faire attention aux gens, aux scooters et aux voitures, peut-être que ce coup-ci, c’est moi qui pourrais courir après eux. Visiblement, ils ont disparu. Même aux alentours du Largo Argentina, lieu de ma bagarre à la descente du bus, il ne reste aucune trace. Nous descendons de voiture puis nous nous dirigeons vers le bureau d’Elena qui se situe au deuxième étage. Je ne suis vraiment pas fier d’avoir laissé filer le cd rom. C’est certain, lorsque je vais leur annoncer la nouvelle, je vais passer pour un moins que rien.

Par caramel
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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 16:37

  Son bureau n’est en rien comparable à celui d’Harry à New York. Une fenêtre donne sur une avenue qui semble-t-il, est bruyante. Les murs sont recouverts d’un vieux papier peint blanc, beige. Sans doute qu'à l’origine, il était blanc. Son bureau ressemble au mien avec le bordel en moins. Encore une personne à qui je ne montrerais ni mon bureau, ni ma chambre, malheureusement. Mais la personnalité que dégage Elena donne un cachet prestigieux à cette pièce, et lorsque elle vous regarde de ses yeux verts, on devient tout petit, on baisse les yeux et pour ma part j’en rougirais presque. C’est bien simple, c’est aussi impressionnant qu’une audience avec le pape.

 

— « Tu veux un café ? » Me demande-t-elle.

 

J’acquiesce de la tête. Je la regarde partir. Elle est réellement très belle. Je m’approche de la fenêtre et regarde dans le vide. Je me demande ce que je fous là ? Je devais arriver en héros, être félicité par tout le monde or désormais, je vais être le mec qui a refilé le cd à la mafia. Échouer si près du but, c’est bête, sans compter ce que je vais prendre en rentrant à Paris. Le boss n’est pas prêt de me redonner une enquête. Quant à Anna, elle va avoir des raisons de m’en vouloir pour quelques années, après ce que je lui ai fait subir. J’entends des bruits de pas dans le couloir, je me retourne et vois Elena, une tasse de café à la main, suivie de deux autres personnes. Elle pose le café sur son bureau près de moi.

 

— « Andrea ! Je te présente Marco, notre informaticien, et Lucio, mon collègue. »

 

Je n’ai pas trop de temps à perdre. Autant leur annoncer la nouvelle de suite.

 

— « Je n’ai plus le cd rom.» Leur dis-je en baissant les yeux. « Il me l’ont pris pendant la bagarre. Je l’avais dans mes affaires et ils ont réussi à me le prendre. »

 

Je crispe mon visage, comme un enfant avant de se faire engueuler, mais aucune réaction ne se fait entendre. J’attendais au moins qu’il y en ai un qui tombe dans les pommes, Même pas. Ils restent sans voix debout devant moi. Ils se regardent entre eux sans dire un mot. Je sens qu’ils ont pris un sacré coup derrière la nuque.

 

— « Il y a une sauvegarde ? Un moyen de le récupérer ? » Me demande Marco dépité.

 

— « Il y en a une, oui. Mais cela va prendre un certain temps pour la récupérer. Et puis, la famille Morno va avoir désormais un coup d’avance sur nous. »

 

Elena me dévisage en réfléchissant. J’ai l’impression que je vais être puni au coin avec le bonnet d’âne.

 

— « Tu peux essayer de le récupérer quand même ? Tu t’en occupes Andrea ? » Me demande-t-elle.

 

Je termine mon café et appelle Anna directement sur son portable. Je n’ai pas envie de passer par les différents intermédiaires et surtout je n’ai pas envie de tomber sur le boss, on ne sait jamais avec la chance que j’ai aujourd’hui, cela se trouve c’est lui qui va décrocher le portable d’Anna. Je n’ai pas envie de me faire engueuler maintenant et passer pour un abruti, j’ai eu ma dose aujourd’hui.

 

— « Allô Anna ? J’ai un problème. »

 

Je lui explique dans les moindres détails ce qu’il s’est passé. Elle m’écoute religieusement et compatie même à mes problèmes. Cela me fait du bien de lui parler, j’ai l’impression que cela m’enlève un poids. Je lui demande de dire Pierre, de récupérer le fichier dans l’ordinateur de l’université et de nous le transmettre par e-mail. Je lui demande de ne pas avertir de suite le boss pour me laisser le temps de souffler un peu.

 

— « Ça va toi ? Quand même. » Me demande Anna.

 

— « Disons que j’ai connu des jours meilleurs. Tu me tiens au courant ? Et s’il te plaît assez rapidement. Je t’embrasse. »

 

Par caramel - Communauté : Accueil et présentation
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 18:16

Je raccroche et traduit ma discussion avec Anna à Elena. Je la sens soucieuse. C’est vrai on pensait tenir le bon bout et en une heure de temps, tout s’écroule.

 

— « Le pire dans tout ça. » Me dit Elena. « Si Morno, est réactif et qu’il réussit à effacer les traces de ses transactions, non seulement, on aura fait tout cela pour rien, mais en plus, on pourra s’accrocher pour le prendre maintenant. Il va être beaucoup plus prudent. On a plus qu’à patienter; en attendant raconte-moi ce qui s’est passé ce matin. »

 

Je reprends confiance en moi. Je lui raconte, sans omettre le moindre détail, mon aventure de ce matin. Elle reste là assise sur le rebord de son bureau tandis que moi je me tiens toujours près de la fenêtre. La lumière se réfléchit sur ses yeux qui deviennent plus clairs et plus verts. J’arrive désormais à rester plus d’une seconde en la fixant, même si au bout d’un moment, je dois rebaisser les yeux avec cette impression qu’elle a vu en moi tous mes sentiments et mes peurs.

 

— « Comment ont-ils pu savoir que tu venais ce matin avec le cd rom ? » Me dit-elle. « C’est quand même assez troublant cette affaire. »

 

— « De toute façon, depuis le début, j’ai une impression bizarre. Il y a eu d’abord la mort de Patrick le patron du Cybercafé, et ensuite le gars de la CIA, Eddie. Tu as dû lire tout cela dans le rapport que je t’ai envoyé ? » Elle acquiesce de la tête. « Franchement, depuis le début, c’est comme si quelqu’un est au courant de tous mes faits et gestes. Par contre, je ne vois pas comment ils peuvent faire ? Soit ils font leur enquête en parallèle et ils arrivent au même point que moi, sauf que j’avais pris un coup d’avance, soit quelqu’un me trahit mais seul mon boss et ma collègue sont au courant. Et sincèrement, je ne vois pas l'un des deux me faire un coup comme celui-là. »

 

— « Et ta collègue ? Tu es sûr d’elle ? » Me demande-t-elle.

 

— « A cent pour cent. » Je lui réponds immédiatement.

 

Elle a quand même réussi à semer le doute dans mon esprit, mais j’ai beau ressassé l’histoire, Anna est incapable d’être dans le coup. Cela fait trop longtemps que je la fréquente et je la connais mieux que ma propre sœur.

 

— « On mange ensemble ? »

 

Elena vient de me surprendre dans mes pensées. Bien sûr que je veux bien manger avec elle. Nous descendons donc, dans la pizzeria d’à côté, toujours dans l’attente du coup de fil d’Anna.

 

Elle m’embarque dans un de ces restaurants typiques de la capitale italienne. L’ambiance y est toujours bon enfant et les serveurs, toujours la blague au bout des lèvres. Nous voulons manger assez rapidement et prenons un plat de pâtes chacun. Le repas se passe simplement, nous parlons de notre affaire. Elle m’apprend que cela fait près de deux ans qu’ils suivent la famille Morno sans succès. Ils n’avaient que des petits indices et beaucoup de présomptions. En Italie, on sait beaucoup de choses sur les gens, mais pour trouver des preuves ou des indics, c’est une autre affaire, me dit-elle. En fait, tout s’est accéléré lorsque Pierre est venu pirater l’informatique de la famille.

 

— « J’espère réellement qu'on va pouvoir le coincer. » Continue-t-elle. « J’ai un peu peur que sur ce coup, on joue à quitte ou double. Si on les rate maintenant…..»

 

Elle laisse un long silence passer. Je me sens un peu responsable. Pourquoi j’ai eu ce réflexe de lui balancer mon sac en pleine figure ? Nous prenons rapidement un café, puis sortons en direction du bureau. C’est le moment qu’a choisi Anna pour m’appeler. Je prends mon appareil fébrilement.

 

— « Anna ? »

 

— « Salut Andrea ! » Me répond Anna d’une voix bizarre. « Je n’ai pas une bonne nouvelle. »

 

— « Que se passe-t-il ? »

 

— « Une partie des ordinateurs de l’université a été remplacée, et parmi eux, le nôtre. »

 

— « Tu déconnes ! Ce n’est pas possible. Tu me fais une farce. »

 

— « Non, malheureusement. Pas ce coup-ci. » rajoute-t-elle d’une voix dépitée qui trahit la véracité de ses dires.

 

Je raccroche. Elena voyant mon visage blêmir, a de suite compris. Je relève les yeux vers elle doucement.

 

— « On a plus de sauvegarde. Tout a été détruit. » Lui dis-je.


Par caramel - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 10:40

Je sens soudain une chape de plomb tomber sur les épaules d’Elena. Nous remontons à son bureau sans dire un mot. Jouer de la malchance à ce point est incroyable. Qu’est-ce qui a pris au ministère de débloquer des crédits à ce moment là ? Surtout pour acheter des ordinateurs, comme s’il n’y avait que cela à faire dans l’éducation nationale. Je ne sais pas moi, on pourrait engager des profs, refaire les peintures, enlever une fois pour toute l’amiante, et bien non, ils ont acheté des ordinateurs.

 

  Arrivé dans le bureau d’Elena, je ne sais plus trop où me mettre. Je n’ose pas m’asseoir, ni me reposer sur un mur, je reste donc là, droit comme un piquet au milieu de la pièce. Elle passe deux coups de fil pour avertir ses collaborateurs qui arrivent pratiquement immédiatement dans la pièce. A voir leurs têtes, je m’aperçois que je viens de ruiner deux années de leur travail. Ils ne me regardent pas, ils fixent Elena et attendent sans doute une idée lumineuse qui ne vient pas.

 

— « Que fait-on ? » Dit Marco, qui a décidé de briser le silence.

 

— « Si, ils ont la disquette. » Se reprend Elena. « Ils vont sans doute réagir assez vite… On va les surveiller d’encore plus près. Il va falloir qu’ils protègent leur informatique, qu’ils changent de compte. Peut-être même changer de banques et de filières. Ils doivent de toute manière changer leur organisation. Il faut donc les surveiller d’encore plus près, mails, téléphone… Avec un peu de chance, ils commettront une erreur. Ils ne sont pas censés savoir qu'on ne sait rien.»

 

Ses deux comparses repartent sans rien dire. Ils savent déjà ce qu’ils ont à faire, on sent l’équipe qui travaille ensemble depuis quelques temps déjà. Le discours d’Elena ne les a peut-être pas transcendés mais ils repartent quand même avec une autre tête.

 

— « Comment vais-je pouvoir t’aider ? » Demandai-je à Elena. « J’ai vraiment l’impression d’avoir tout gâché. »

 

— « Tu sais, » Me répond Elena avec un sourire doux et mélancolique. « Ce n’est pas vraiment de ta faute. On aurait dû procéder autrement. On aurait dû envoyer les fichiers par Internet dans un endroit sûr. On ne pouvait pas savoir non plus, qu’ils t’avaient repéré. »

 

— « C’est étrange d’ailleurs. Je ne vois pas comment ils ont pu savoir ? Ce n’est pas mon téléphone, sinon ils m’auraient trouvé avant. Peut-être les mails ? Ou peut-être quelqu’un, je ne sais pas. »

 

Je ne lui ai toujours pas parlé de Pierre. Je ne préfère pas, non pas que je n’aie pas confiance en Elena, mais, moins il y aura de personne au courant, mieux je me porterai et mieux Pierre et Anna se porteront. Il est clair que nos ennemis sont renseignés donc je n’ai pas envie de mettre leur vie en danger. Déjà que je culpabilise pour avoir perdu les fichiers, si en plus j'ai à supporter leur mort sur mes épaules… Vu que désormais je connais bien Harry, Elena me demande de l'appeler à New York afin qu'il exerce une surveillance un peu plus rapprochée des activités de la famille Morno aux USA.

Je sens soudain une chape de plomb tomber sur les épaules d’Elena. Nous remontons à son bureau sans dire un mot. Jouer de la malchance à ce point est incroyable. Qu’est-ce qui a pris au ministère de débloquer des crédits à ce moment là ? Surtout pour acheter des ordinateurs, comme s’il n’y avait que cela à faire dans l’éducation nationale. Je ne sais pas moi, on pourrait engager des profs, refaire les peintures, enlever une fois pour toute l’amiante, et bien non, ils ont acheté des ordinateurs.

 

  Arrivé dans le bureau d’Elena, je ne sais plus trop où me mettre. Je n’ose pas m’asseoir, ni me reposer sur un mur, je reste donc là, droit comme un piquet au milieu de la pièce. Elle passe deux coups de fil pour avertir ses collaborateurs qui arrivent pratiquement immédiatement dans la pièce. A voir leurs têtes, je m’aperçois que je viens de ruiner deux années de leur travail. Ils ne me regardent pas, ils fixent Elena et attendent sans doute une idée lumineuse qui ne vient pas.

 

— « Que fait-on ? » Dit Marco, qui a décidé de briser le silence.

 

— « Si, ils ont la disquette. » Se reprend Elena. « Ils vont sans doute réagir assez vite… On va les surveiller d’encore plus près. Il va falloir qu’ils protègent leur informatique, qu’ils changent de compte. Peut-être même changer de banques et de filières. Ils doivent de toute manière changer leur organisation. Il faut donc les surveiller d’encore plus près, mails, téléphone… Avec un peu de chance, ils commettront une erreur. Ils ne sont pas censés savoir qu'on ne sait rien.»

 

Ses deux comparses repartent sans rien dire. Ils savent déjà ce qu’ils ont à faire, on sent l’équipe qui travaille ensemble depuis quelques temps déjà. Le discours d’Elena ne les a peut-être pas transcendés mais ils repartent quand même avec une autre tête.

 

— « Comment vais-je pouvoir t’aider ? » Demandai-je à Elena. « J’ai vraiment l’impression d’avoir tout gâché. »

 

— « Tu sais, » Me répond Elena avec un sourire doux et mélancolique. « Ce n’est pas vraiment de ta faute. On aurait dû procéder autrement. On aurait dû envoyer les fichiers par Internet dans un endroit sûr. On ne pouvait pas savoir non plus, qu’ils t’avaient repéré. »

 

— « C’est étrange d’ailleurs. Je ne vois pas comment ils ont pu savoir ? Ce n’est pas mon téléphone, sinon ils m’auraient trouvé avant. Peut-être les mails ? Ou peut-être quelqu’un, je ne sais pas. »

 

Je ne lui ai toujours pas parlé de Pierre. Je ne préfère pas, non pas que je n’aie pas confiance en Elena, mais, moins il y aura de personne au courant, mieux je me porterai et mieux Pierre et Anna se porteront. Il est clair que nos ennemis sont renseignés donc je n’ai pas envie de mettre leur vie en danger. Déjà que je culpabilise pour avoir perdu les fichiers, si en plus j'ai à supporter leur mort sur mes épaules… Vu que désormais je connais bien Harry, Elena me demande de l'appeler à New York afin qu'il exerce une surveillance un peu plus rapprochée des activités de la famille Morno aux USA.

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