Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 13:47

 

Anna relativise mon angoisse. Avec ses traits doux, elle a le don de mettre de bonne humeur.

 

— « Tu connais le boss ? Il adore mettre la pression là ou il n’y en a pas. Après tout, c’est juste une enquête de routine. Tu vas chercher l’info, tu la traites et tu retournes à tes paperasses ! »

 

Je ne sais pas comment le prendre, j’ai l’impression que tout le monde croit que le fait de rester au bureau a annihilé mon esprit conquérant, celui du roi de la rue. D’un côté, elle a raison, je dois juste essayer de récupérer de l’info et c’est vrai que le boss a toujours tendance à donner de l’importance aux choses les plus futiles. Mais de l’autre côté, j’aimerais assez qu'on arrête de croire que je suis un simple bureaucrate et scribouillard. Le roi de la rue est de retour, mais d’abord, un petit café serait le bienvenu, histoire de ne pas être de retour trop vite. Sinon c’est le claquage assuré.

 

— « 15, rue des pyramides » dis-je, en regardant Anna. « C’est pas très loin, tu viens avec moi ? Ca nous sortira un peu et je te laisse conduire la voiture »

— « Si je conduis OK, j’arrive. » Me lâche-t-elle tout en cherchant ses papiers.

 

J’ai un problème émotionnel avec les véhicules qui ont quatre roues. Je conduis les voitures comme je manipule mon scooter, c’est-à-dire que j’essaie d’éviter les crottes de chien, je me faufile entre les voitures, les camions et souvent cela se termine par des insultes. Pour échapper à tout ce stress, j’ai décidé de ne prendre le volant qu’à la foire du Trône. C’est le seul endroit où l’on m’accepte encore, mais seulement après 11 heures du soir. Même à la fête à Neuneu je suis interdit, j’ai quand même réalisé l’exploit de détruire 3 autos tamponneuses sur un coup. Je suis un peu une légende là bas. Certains anciens se rappellent avec émotion du Neuneu de la fête, c’est-à-dire moi ! J’ai quand même réussi mon permis de conduire du premier coup. C’est vrai que l’inspectrice avait tendance à me regarder, plutôt qu’à regarder la route. Mon sourire a fait le reste.

Il fait beau aujourd’hui. Le soleil du printemps reflète une lumière douce et agréable. Anna conduit sereinement, aucun stress, elle n’insulte jamais personne et laisse toujours la priorité à droite et même quelque fois à gauche. Pour simplifier, elle n’est pas parisienne et cela détend.

Nous arrivons dans le quartier de l’Opéra. C’est un quartier qu’il faut visiter en semaine. Les banques, les tours operators, les magasins de luxe sont pratiquement tous installés dans le coin. Cela a pour conséquence un nombre phénoménal de femmes superbes au m2. Une fois sorti de la voiture, je me sens moins pressé d’arriver, je flâne, je regarde en bas, au milieu, en haut, c’est-à-dire les jambes, la poitrine, les yeux.

 

— « Oh ! Tu t’amènes au lieu de mater tout ce qui bouge. » Me lance un brin agacée Anna, devenue en deux secondes une vrai parisienne.

— « Eh ! Le magasin ne va pas s’envoler. » Je répond avec ma tête qui part dans tous les sens.

 

Par contre là, en deux secondes, je suis passé de 50% romain à 100%. Tout en faisant attention que cette blonde magnifique ne s’envole pas, elle. On ne sait jamais.

 

¾  « OK, J’arrive ! »

 

Nous entrons tous les deux dans le magasin. C’est un établissement plutôt propre, un parquet en simili bois, en haut, des poutres apparentes et des grandes fenêtres qui laissent rentrer la lumière, freinée par des persiennes à moitié fermées. Je ne sais pas si c’est ce qu’il y a de mieux pour les ordinateurs, mais l’endroit est plaisant. Une trentaine de ces engins informatiques sont présents et à peu près vingt cinq d’entre eux attendent qu’on les tripote. Aujourd’hui, je préférerais tripoter ce qui se trouve à l’extérieur du magasin, mais enquête oblige, on se dirige tout de même vers le comptoir où se trouve un jeune homme d’une vingtaine d’année.

 

— « Bonjour ! Nous sommes d’Interpol et nous désirions voir le patron s’il vous plaît ! » Demande Anna tout en présentant son badge.

 

La personne nous regarde bizarrement, puis tourne la tête en direction de la pièce derrière le comptoir.

 

 — « Patrick ! La police pour toi ! » Dit-il en haussant la voix.

 

L’individu prénommé Patrick sort de son cagibi. Il doit avoir environ 35 ans, teint mat, les cheveux noirs bouclés mi long, avec une vieille chemise à carreau bleu dépassant d’un jean aussi vieux que la chemise et qui n’a sans doute pas été lavé depuis un an.

 

— « Ouais ! Qu’est ce qu’ils veulent ? » Nous demande-t-il avec des yeux noirs méprisants.

— « Bonjour, tout d’abord » en répondant d’une manière sarcastique. « Un individu a utilisé l’un de vos ordinateurs vendredi dernier vers 19h, nous voudrions savoir si vous vous rappelez de cet individu ? »

— « J’en sais rien moi ! » répond-t-il en élevant la voix. « Vous avez le numéro d’IP au moins pour savoir sur quel ordinateur il était ? »

 

Le numéro d’IP, est le numéro donné par le serveur qu’utilise l’ordinateur. Chaque ordinateur relié à Internet a un numéro IP. C’est d’ailleurs le seul élément que j’avais dans mon dossier. Je lui donne ce numéro et après quelques recherches, il me montre l’ordinateur coupable en me lâchant d’une manière nonchalante :

 

— « Voilà, c’est celui là ! ».

 

Je réponds en m’énervant :

 

— « Et alors ! Qui était là vendredi soir ? »

— « J’en sais rien moi. Si vous croyez que je me rappelle de tout le monde ! ».

 

Voyant que cela m’agaçait, il rajouta :

 

— « C’était un grand blond. C’est tout que je peux dire, il a payé et il s’est cassé. Je peux aller bosser maintenant. »

 

Visiblement, ce Patrick n’est vraiment pas coopératif. Il n’aime pas les flics et ne s’en cache pas. Je regarde Anna d’un air dépité. Nous ne pouvons pas en tirer beaucoup plus. Une sorte de punk, cheveux décolorés et piercing dans le nez nous bouscule, la carte bleue à la main, afin de [T2] payer. J’ai envie de lui en coller une, mais Anna me fait signe d’y aller.

Nous sortons du magasin sans dire un mot. Ce Patrick nous a passablement énervé et en plus nous ressortons bredouille. Irrité, les femmes de cette avenue passent soudainement inaperçues, de plus ,, dle soleil me gêne. Nous nous dirigeons vers la voiture d’un pas pressé.

 

— « Mais quel con ce Patrick » m’adressant à Anna d’un ton énervé. « Et l’autre abruti de punk qui me bouscule comme s'il était pressé de payer… »

 

Je m’arrête brusquement et je regarde Anna.

 

— « Putain ! La carte bleue. Et si le grand blond avait payé en carte bleue ou en chèque ».

 

J’avais à peine dis cela qu’Anna fit demi-tour. Les femmes de l’avenue passent toujours inaperçues, par contre le soleil ne me gêne plus. Je dois avoir cette faculté exceptionnelle que lorsque je m’énerve mes pupilles se rétractent. Ou bien le soleil est derrière moi, je ne sais plus. Je demande à Anna de me laisser le tenancier de la boutique. J’ai besoin de passer mes nerfs et cela sera sur lui.

Nous rentrons dans le magasin et allons directement dans l’arrière salle d’un pas décidé. Patrick a juste le temps de tourner la tête pour nous regarder que je le chope par le col, le soulève et le colle dos au mur.

 

— « Il a payé comment ? » dis-je d’un ton sec.

— « Qui ? » me répond Patrick, surpris par son décollage.

 

Il a dû prendre 5 G en une seconde, au moment où je lui ais fait quitter son siège pour se retrouver dos au mur. Ma main droite se dégage et serre fortement sa mâchoire. Ces yeux, ce coup-ci, indiquent que la peur a remplacé le mépris de tout à l’heure. Anna se trouve à environ trois mètres de moi, elle a refermé la porte. Elle ne m’a jamais vu comme cela, mais je pense que si elle avait eu la force nécessaire, elle aurait réagi de la même manière. Patrick dit quelque chose de manière inaudible, j’avais oublié de desserrer ma main.

 

— « Laissez-moi vérifier, je crois qu’il a payé en carte bleue. J’avais remarqué ce mec là, car la plupart des gens ici viennent pour tchater ou pour jouer. Lui, il avait l’air de bosser. Et le vendredi soir, c’est rare. Il a retiré son cd, a payé et s’est barré sans dire un mot. »

 

Maintenant, on ne peut plus l’arrêter. Il serait prêt à raconter toute l’histoire de Moby Dick à un bébé cachalot.

 

— « Ça y’est, j’ai trouvé le récépissé. »

 

Je dois avouer que je suis assez fier de moi. La tension est retombée et le quartier redevient agréable. Avec ce récépissé, nous allons retrouver facilement la personne. Je m’interroge d’ailleurs sur le fait que notre hacker ait payé en carte bleue. Soit, c’est une carte bidon, soit ce mec ne savait pas trop ce qu’il faisait. J’en fais part à Anna. Elle reste perplexe mais me demande de ne pas sauter les étapes et on verra bien où cela nous mène. Nous retournons dans la voiture. Anna semble un peu plus apaisée et me dit en se marrant :

 

— « Dis donc ! Je ne savais pas que tu étais capable de t’énerver. »


 
Par caramel - Communauté : Le Livre Virtuel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 13:35

Elle glousse encore en repensant à la tête de Patrick essayant d’articuler une phrase, alors que j’avais toujours ma main serrée sur sa mâchoire. La bonne humeur revient et c’est plutôt bon signe. Nous retournons au bureau, sandwich à la main. Le boss semble absent. Anna et moi nous retrouvons assez souvent au bureau pour manger le midi. On décompresse, on évite les sujets qui concernent le boulot. C’est de cette manière que nous sommes devenus très proche. Cela ne sera pas très difficile de savoir à qui appartient cette carte. A Interpol, nous avons pratiquement accès à tous les fichiers et ça, c’est la base de mon boulot.

En fin de journée, j’ai enfin son pédigré. Pierre Vignot, 25 ans, habitant 23 rue des vergers à Antony dans les Hauts-de-Seine. Il habite chez ses parents. C’est le moment de faire mon rapport au boss qui vient de rentrer rapidement dans son bureau. Je frappe les trois coups réglementaires afin de savoir si je peux rentrer dans son antre.

Les deux coudes posés sur son bureau, le boss m’écoute sans m’interrompre. Je n’ai pas trop romancé mon histoire comme à mon habitude, même si j’ai omis de dire que c’est le punk qui m’a fait penser à la carte bleue. Le fait de dire que j’y ai pensé tout seul comme un grand, me fait passer aux yeux du boss pour un fin limier. D’ailleurs, il a l’air satisfait. Son corps part en arrière afin de se vautrer dans son fauteuil de ministre, et au même moment ses mains vérifient si des cheveux n’ont pas repoussé. Constatant qu’il n’y a toujours rien, il revient sur le sujet.

 

— « Ok ! J’ai parlé avec les ritals. Euh….. Les Italiens, excuse-moi. Ils nous laissent nous occuper du hacker. On doit savoir qui c’est ? D’où il vient ? Et pour qui il travaille ? Tu restes en relation avec Elena et n’hésite pas à prendre Anna avec toi. Si tu as besoin de plus de monde, tu m’en parles. OK ?  »

 

J’acquiesce d’un signe de la tête et repars en direction de mon bureau qui ressemble de plus en plus à une papeterie en liquidation de stock. Le boss m’interpelle une dernière fois :

 

— « Eh Andrea ! »

 

Je me retourne un peu surpris.

 

— « C’est bien ! » me dit-il.

— « Merci ! » c’est la seule chose à peu près intelligente que j’ai réussi à dire.

 

Cela fait plaisir, ce n’est pas souvent qu’il sourit. Je retourne donc vers mon bureau, gonflé à bloc. Première chose à faire, rendre compte à Elena de l’avancement de l’enquête. Si le nom de Pierre Vignot lui dit quelque chose.

Visiblement, ce nom ne lui dit rien. Elle me confirme, effectivement, qu’elle a demandé à sa hiérarchie que je puisse m’occuper de retrouver ce hacker. Elle me fait confiance, sinon, elle n’aurait pas fait pression pour que je me charge expressément de cette affaire, mais je n’ai pas l’impression qu'il en est de même pour tout le monde.. Sa voix est toujours aussi suave et sensuelle. Elle doit être moche, ce n’est pas possible autrement. Et puis, il faut que je me l’enlève de la tête sinon je vais être déçu le jour où je la verrai. Cela me rappelle les voix d’aéroports, on fantasme dessus jusqu’au jour où l’on s’aperçoit que c’est une hôtesse de l’air à la retraite depuis au moins 25 ans.

Je me décide quand même d’appeler Pierre Vignot pour vérifier s'il est chez lui. Une voix féminine douce et agréable et qui trahit un certain âge, me répond. Je décide de continuer.

 

— « Bonjour, pourrais-je parler à Pierre, s’il vous plaît ? »

— « Il n’est pas là, je ne l’ai pas revu depuis samedi » me répond une voix pleine d’inquiétude. « C’est de la part ? »

— « Patrick, je suis un ami » A priori le prénom de Patrick ne fait aucun effet sur cette dame.

— « Écoutez ! » rajoute-elle. « Si vous le voyez, dites-lui de m’appeler, je commence à m’inquiéter. »

 

Je raccroche avec les formules de politesses d’usage. Il est donc rentré chez lui vendredi soir. Le point positif est que c’est sans doute notre homme. Le point négatif est qu’il a disparu depuis samedi. Je raconte mes propos à Anna. Je lui propose de rendre visite à cette famille demain, on a vraiment besoin d’en savoir plus sur le bonhomme.

 

— « Tu passes me chercher demain matin chez moi ? » Je demande à Anna.

— « OK ! A quelle heure ? »

— « Euh ! 9 heures, 9 heures 30. » je rajoute en n’étant pas très sûr de moi.

— « Tu rigoles ! » se marre-t-elle « 8 heures, oui. »

— « Non ! Comme cela on évitera les bouchons » dis-je en mentant honteusement.

— « D’accord, mais tu sais on peut aussi les éviter à 7 heures du matin » répond-elle en faisant un clin d’œil.

 

Je n’ose pas lui dire, même si elle le sait très bien, que 7 heures du matin n’est pas une heure, même pour le roi de la rue. A 7 heures du matin, le café n’a pas le même goût puisqu’il est trop amer et que Led Zep ne se souvient pas des accords de Starway to heaven.

 

— « Je te laisserais conduire. » lui dis-je en l’embrassant sur la joue. « A demain. »

— « Ouais c’est ça, dors bien et ne reste pas trop longtemps sur Internet, tu risquerais de tomber amoureux de ton agent de France Telecom. »


 

Par caramel - Communauté : Accueil et présentation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 18:58

             Deux femmes superbes sont nues, avec moi, dans mon lit. L’une est brune et l’autre blonde. Elles ressemblent bizarrement aux personnes rencontrées la vielle dans le quartier de l’Opéra. Elles font superbement l’amour. Une chose me tracasse quand même. Pourquoi à chaque fois que je touche les seins de la blonde, elle sonne ? Putain je rêve ! Mes paupières se soulèvent et mes yeux vont directement vers le réveil qui indique 7 heures. Jimmy Page, guitariste de Led Zep, n’a pas encore branché ses amplis. Quel monstre peut sonner à ma porte pendant une partie de jambes en l’air ? Même en rêve, j’aurais bien aimé continuer. Je me dirige vers le judas de mon entrée et aperçois Anna, hilare comme à son habitude. Je lui demande de patienter, afin de mettre quelque chose et de calmer un élément de mon anatomie qui désire poursuivre l’orgie fantasmagorique. Cet élément s’apaise rapidement pendant la recherche d’un pantalon. Je n’ai jamais compris pourquoi les pantalons adore jouer à cache-cache le matin. Ce n’est pas une heure pour s’amuser ! Les chaussettes, elles, se tiennent tranquilles. Il est vrai qu'on recherche rarement un pantalon avant d’aller se coucher, et pour les chaussettes, j’achète toujours la même couleur afin de trouver une paire assortie plus facilement. L’expérience m’a rendu plus malin qu’une chaussette mais j’ai encore du mal avec les pantalons.

     — « Je viens d’acheter les croissants. J’ai pensé que cela te ferait plaisir de prendre le petit dej’ avec moi. » Dit-elle en entrant.
      — « Je ne t’avais pas dit que les croissants ont meilleur goût à 8 heures ? »
      — « Non, je ne crois pas. » Me répond-elle en souriant. « Et puis, j’ai toujours rêvé de te voir torse nu. Au fait, j’adore ta coupe de cheveux le matin. J’ai l’impression que tu as fait une bataille de polochon avec Winnie l’ourson. »  

                Elle m’énerve, mais je n’arrive pas à faire autre chose que sourire. Pour la peine, je dévore quatre des six croissants présents sur la table. Une fois fini, je me dirige vers la douche. Je sens le regard d’Anna se poser sur mon corps. Enfin prêt, nous descendons récupérer la voiture, direction Antony.

            Logiquement, je devrais faire le co-pilote. Elle m’a réveillé trop tôt et j’ai encore du mal à lire une carte à l’endroit. A cette heure là, on me demanderait de faire Paris Dakar, qu’instinctivement je me dirigerais vers le désert vert du lieu de naissance de ma mère, l’Irlande. Enfin, nous arrivons rue des Vergers. C’est une rue pavillonnaire avec des arbres fleuris par le printemps de chaque côté des trottoirs. Nous sonnons au 23. Une dame d’une cinquantaine d’années ouvre sa porte, traverse 3 mètres de pelouse pour nous ouvrir le portail. Nous lui indiquons qui nous sommes, et que nous cherchons Pierre. Ses traits doux se crispent. Elle ne comprend pas, mais nous invite chez elle sans qu’on lui demande.

        C’est une maison à deux étages. Le salon est très moderne sans surplus de bibelots un grand canapé, où elle nous invite à s’asseoir, une table basse en cerisiers et d’une télé qui se trouve à deux mètres de la cheminée. Sont présents sur l’armoire à côté, une collection de Géo, des dictionnaires et des livres de cuisines luxueux. Elle est habillée simplement, pantalon gris et chemise blanche. Elle a les cheveux blonds et les yeux bleus, une tendresse très maternelle apparaît sur son visage.

       Elle nous indique qu’elle n’a pas vu Pierre depuis samedi matin et qu’elle s’inquiète. Elle se reprend et nous demande pour quelles raisons nous le recherchons. Il nous faut la rassurer. Si on commence à lui dire qu’il est recherché par toutes les polices d’Europe, la mafia, et que l’armée rouge le piste, elle ne tiendra pas le choc. Nous lui indiquons qu’il a piraté un site où il n’aurait pas dû aller, que pour lui, c’était peut-être un jeu mais que nous voulons le retrouver avant que l’affaire ne prenne des proportions plus importantes. Elle sait que son fils est un passionné d’informatique et comme toutes les mères, son fils ne peut pas être capable de malversation. Notre histoire la rassure et se dit prête à coopérer.

      — « On peut voir sa chambre, s’il vous plaît ? » demande Anna.

           Sa chambre se trouve à l’étage. Elle ressemble à toutes les chambres d’enfants vivant chez leurs parents : un lit à côté d’une armoire, un bureau avec l’ordinateur, des murs bleus avec 3 posters. Un grand poster du groupe Metallica, un autre tiré des calendriers Aubade et un petit en format A4 de Led Zep. Évidemment, Pierre m’est tout à coup un peu plus sympathique.

        — « On ne peut être que quelqu’un de bien si on écoute Led Zep. » Dis-je en souriant à la mère de Pierre.

          Elle me sourit. Cette réflexion anodine l'a rassurée. J’en profite pour lui demander si je peux ouvrir l’ordinateur afin d’y jeter un coup d’œil. Elle répond par l’affirmatif. Pendant que Anna la questionne sur le passé de Pierre, je me jette sur l’ordinateur pour y trouver le moindre indice.

         Deux heures plus tard, j’ai terminé. Les Cd roms n’ont rien d’intrigant, les fichiers sur les disques durs non plus. On retrouve en fait, ce que j’ai sur mon ordinateur, c’est-à-dire des jeux et de la musique volée sur Internet. Par contre, il a effacé tout l’historique des sites visités sur Internet ainsi que les cookies (c’est-à-dire certains éléments des sites enregistrés sur le disque dur) et a priori, il a effacé les mails qu’il a reçu. Je prends note de son adresse e-mail et redescend rejoindre Anna et la mère de Pierre. Nous prenons ensuite congés, Nous essayons auparavant, de rassurer Mme Vignot. Nous sommes restés plus de deux heures et elle semble fatiguée. Anna a récupéré tout un tas d’informations, photos, portable, agendas, et fait un historique de ces dernières années. Nous lui donnons nos coordonnées. Elle peut, ainsi, être informée si elle le désire et surtout si elle a d’autres informations, qu’elle n’hésite pas à nous contacter.

Par caramel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 16:41

Nous reprenons la voiture. Après une dizaine de priorités à gauche et autant à droite, nous arrivons sans encombre au bureau.

 

— « Salut Andrea ! » Me dit machin.

 

Il faut vraiment que je lui demande son prénom un jour, à celui là. Nous arrivons au bureau, sandwich à la main. Pendant cette pause, nous n’avons pas effleuré le sujet. Nous n’avons rien dit ou presque d’ailleurs. Je crois qu'on désirait un petit moment de détente mais en fait, nos pensées ont convergé vers Pierre. Malgré nos infos, Pierre reste une énigme. Comment en est-il arrivé là ? Comment, a priori, un mec normal et sans problème, en vient à pirater un mafieux ?

Pour une fois, c’est Anna qui me paye le café. Nous avons à peine le temps d’en déguster une gorgée que le boss vient nous voir. C’est plutôt rare qu'il se déplace ainsi. Son truc est plutôt de nous convoquer dans son antre, cela fait plus majestueux. Il visionne les deux bureaux, et après m’avoir regardé d’un air dépité, il choisit de s’asseoir sur le bureau de Anna. Il passe sa main sur son crâne et voyant qu’il n’y a toujours rien, il se rassure en caressant sa moustache.

 

— « Alors ! Vous en êtes où ? » Dit-il en ayant l’air d’un chef.

 

Nous lui racontons notre visite à Antony, son lieu de vie, les parents etc… Mes découvertes sur Internet, c’est-à-dire pas grand chose, mis à part qu’ils nous semblent certains que le bonhomme est bien le pirate que nous recherchons. Puis Anna fait un topo complet sur Pierre.

 

— « Pierre Vignot, 25 ans, cheveux blonds courts, yeux bleus, 1m80 et 90 kg. » Anna nous fait passer en même temps sa photo. « Il est étudiant en informatique qui est sa grande passion d’après sa mère. Il n’est pas fiché et n’a eu aucun problème particulier. Il n’a pas de petite amie et pas beaucoup d’amis tout court. Son meilleur copain qui étudie avec lui et habite Antony, s’appelle Vincent. » Elle fait une pause, puis reprend ses notes et continue. « Il vient de terminer une année d’études aux USA à New York. Il est revenu il y a un mois. Toujours d’après sa mère, il n’a pas eu de problème là-bas, un cursus tout à fait banal. Il était chez lui vendredi soir, s’est enfermé dans sa chambre. En repartant samedi matin, il a embrassé sa mère puis lui a indiqué de ne pas s’inquiéter car il resterait absent quelques temps. Madame Vignot a remarqué qu’il était perturbé et depuis, plus de nouvelles. »

 

Ce coup-ci, le boss se gratte le nez. Il se lève, puis se rassoit sur son autre fesse, toujours en équilibre sur le bureau d’Anna.

 

— « Bon, on va mettre son portable sur écoute et essayer de le localiser s'il est allumé. Il faut savoir qui l’a appelé ces deux dernières semaines et également connaître d’où parviennent les derniers mails reçus. Anna, tu vas faire un tour à son université. Et toi Andrea, tu vas me chercher son pote Vincent et essayer d’en savoir un peu plus. » Enfin, il repasse sa main sur son crâne puis me demande. « Que penses-tu de Pierre ? »

 

Le boss me demande mon avis, j’ai dû remonter dans son estime. On sent d’ailleurs qu’il a envie de nous aider mais sans nous brider. C’est une de ses qualités et aussi la raison du respect qu’on lui porte. Je me lève de mon dossier et pose mes fesses sur le rebord d’une petite armoire en métal gris.

 

— « Il y a pas mal de choses qui sont troubles dans cette affaire. La seule certitude est qu’il est le Hacker. Par contre, il va dans un cybercafé, alors qu’il a un a ordinateur chez lui. Si cela avait été un coup réellement prémédité, je pense qu’il n’aurait pas payé en carte bleue. Au vu de sa chambre, il n’y a pas d’indice qui pourrait faire croire qu’il est politisé ou animé par une quête mystique. Simplement, en regardant son ordinateur, on peut dire que c’est un fana de jeux. Il en a de toutes sortes mais surtout des jeux de bagnoles et de stratégies. Que du classique. J’ai du mal à savoir qui il est réellement et pourquoi il est impliqué dans cette affaire. »

 

Le boss lève sa fesse puis sa main qui au lieu de se diriger vers son crâne, va directement sur son postérieur. Lequel semble meurtri par le poids du boss et la solidité du bureau d’Anna. Il rajoute en partant :

 

— « OK ! Bon boulot. Faites ce que je vous ai dit cet après-midi et on se fait une réunion demain matin à 9h30 dans mon bureau. Moi, je m’occupe des procédures pour les écoutes et également de savoir d’où proviennent ses derniers mails. »

 

Le boss est reparti vers sa tanière. Anna et moi nous dirigeons vers le coin café. Je lui refais part de mes réflexions concernant Pierre et lui demande son avis. Après une petite gorgée de cette boisson, elle repose le verre sur le coin d’une table pour le laisser refroidir, me regarde et me dit :

 

— « Je suis assez d’accord avec toi. Il n’a pas la tête d’un malfrat. Il est assez mignon d’ailleurs. » Me dit-elle avec un léger sourire. « Il faudrait trouver à quel moment il est passé vers le côté sombre. A mon avis, il doit savoir qu’il est en danger. Il y a quelqu’un ou quelque chose derrière tout ça. Sa mère m’a montré son compte en banque. Il n’y a rien d’anormal. Pas de grosses sommes versées récemment et suffisamment d’argent pour être à l’abri. J’espère que l’enquête de proximité nous en apprendra un peu plus. »

 

C’est rassurant de savoir que nous sommes du même avis. Ce Pierre reste une énigme. Je téléphone à son copain Vincent pour vérifier s'il est bien chez lui puis, si c’est le cas, je prends mon scooter direction Antony, pour la deuxième fois de la journée. Sa mère me certifie qu’il rentrera d’ici une ½ heure.

 

— « Tu prends la voiture ? » Me demande Anna en rigolant.

— « J’irais plus vite en scooter. Et puis, tu rends tellement de conducteurs heureux en les laissant passer. Au fait, quand le feu est vert, c’est toi qui a la priorité. » Lui dis-je en lui adressant un clin d’œil.

— « Tu n’es qu’un petit con. » Me répond-elle un brin vexée.

Par caramel - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 09:45

Je mets effectivement moins de temps en scooter qu’en voiture. Après avoir évité une vingtaine de voitures, quatre grands-mères qui traversaient, alors que le petit bonhomme était rouge, et doublé 3 motos, j’arrive à l’adresse de Vincent qui se situe à trois rues de Pierre dans la même zone pavillonnaire. J’ai décidé d’être ferme avec lui. Je n’ai pas de temps à perdre et j’ai vraiment besoin d’en savoir plus. Après avoir sonné au portail, un gars brun aux cheveux courts, yeux marron, 1 m 80, assez mince m’ouvre. Je l’attaque directement.

 

— « Vincent ? » dis-je d’un ton sec. Je continue.

— « Je suis d’Interpol. Je suis à la recherche de Pierre Vignot et j’ai besoin d’informations sur lui. Donc, soit on en parle tranquillement, soit je te convoque au Quai d'Orsay. Tu choisis ? »

 

Surpris par le ton ferme et direct de mes propos, il reste sans voix. Regarde derrière lui pour vérifier si sa mère n’est pas dans les parages et revient vers moi.

 

— « On peut aller en parler autre part ? Je n’aimerais pas que ma mère s’inquiète. J’enfile une veste et je vous suis. » me répond-il d’une voix anxieuse.

— « OK, dépêche-toi ! »

 

Il enfile une veste beige sur sa chemise blanche, met ses baskets, dit à sa mère qu’il revient dans une heure et me suit. Il m’indique un café qui se trouve à 5 minutes de là. En marchant, il me demande ce qui se passe, il a l’air terrorisé et paniqué. Je ne lui réponds pas. Je ne fais généralement pas cet effet là au gens mais là visiblement il n’a pas l’habitude de la police et son visage est aussi pâle que sa chemise. Arrivés au café, nous nous installons sur une table loin des autres personnes et commandons un demi et un Coca. Il ne boit pas, il ne fume pas, il pâlit à la vue d’un insigne de police, ce type est un vrai gangster. En fait, il paraît sympa. Je lui explique que Pierre a piraté des fichiers informatiques, que depuis il a disparu et qu’il a tout intérêt à être coopératif sinon je l’envoi en garde à vue direct !

 

— « Sais-tu où il est ? » Je lui demande en le regardant fixement dans les yeux.

— « Non….. » dit-il en restant blême. Puis il reprend « Je ne l’ai pas vu depuis une semaine. »

 

Il a l’air sincère. Je décide de changer de tactique en le rassurant un peu. Si je continue comme cela, son Coca risque de le mettre dans un coma éthylique. Je reprends sur un ton plus posé.

 

— « Écoute ! D’après moi, Pierre s’est mis dans de sales draps. Je suis plus là pour le protéger et pour comprendre. J’ai besoin de le connaître un peu plus. Je ne crois pas que Pierre soit un voyou, par contre il a des problèmes et il faut que tu l’aides. Tu fais des études d’informatique avec lui, vous avez déjà piraté des fichiers ou des sites ensemble ? »

 

Il ne me répond pas tout de suite. Il prend deux gorgées de son Coca, regarde la table, puis l’air enfin apaisé me regarde.

 

— « Oui. » dit-il faiblement. « Cela nous ait déjà arrivé. Mais bon, cela n’allait pas trop loin. On a été sur des sites d’entreprises ou d’association, on a même été sur le site de la faculté. Mais on n’a jamais rien touché, c’était plus par jeu et par défi. » Il s’arrête pour boire deux gorgées et reprend. « Pierre est quelqu’un de réellement doué. Il est capable de vous pénétrer n’importe quel système. C’est de loin le mec le plus balaise de notre promotion. Mais je peux vous assurer que c’est un mec bien, je le connais depuis 10 ans et jamais je ne l’ai vu piquer quoi que ce soit ou manquer de respect à quelqu’un.»

 

Il dit la vérité. Il a du respect envers Pierre et même de l’admiration pour ses prouesses informatiques. Je lui demande s'il a changé depuis qu’il est rentré des Etats-Unis. Et je veux savoir s'il lui a parlé de son séjour là-bas.

 

— « Sincèrement, j’ai retrouvé la même personne. » Rajoute-il. « Je sais qu’il a gardé quelques contacts à New York. Il s’était même trouvé une petite amie. Il m’a parlé d’un copain qui s’appelle Eddie, je crois, avec lequel il jouait en réseau. Je n’en sais pas beaucoup plus. Pierre n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup et franchement je ne sais pas où il peut être. Il n’a pas beaucoup d’amis à part moi et aucune famille, autre que ses parents dans la région parisienne. »

 — « Quand vous sortez le soir, où allez-vous ? »

— « La plupart du temps, on va dans des bars du XI ième mais on en a pas d’attitré. » me répond-t-il.

 

Je n’en saurais pas plus. Je lui donne mes coordonnées et le prévient qu’il a intérêt à me contacter s'il a des nouvelles de Pierre. Je reprend mon scooter et décide de rentrer directement chez moi. C’est l’heure des sorties de bureau, et c’est un peu plus difficile de slalomer entre les voitures et les camions. Par contre les petites vieilles sont rentrées chez elles.

Prendre une douche est un bonheur total. Sentir l’eau ruisseler sur mon corps pendant une heure me fait renaître. J’ai cette sensation que mon esprit est de nouveau propre. La seule peur que j’ai, est que mon tatouage se déforme. J’imagine mon symbole prendre une autre forme et donc avoir une autre signification comme abruti ou petit zizi. Je ne pourrais plus réaliser mon fantasme de me faire masser par quatre ravissantes asiatiques. Elles seraient mortes de rire et moi complètement ridicule.

Après avoir zappé une vingtaine de fois les programmes télé, je me décide de faire le point avec Anna. Son numéro de téléphone est le seul numéro que je dois connaître par cœur. Les autres numéros sont parsemés sur des petits papiers un peu partout sur la table. J’ai donc beaucoup de numéros, par contre, j’oublie tout le temps de marquer à qui ils appartiennent. Donc il ne faut pas compter sur moi pour rappeler les copains. Après trois sonneries, Anna décroche. Je lui réponds avec une voix grave et sensuelle.

 

— « Salut Anna, ici l’objet de tes fantasmes. »

— « C’est toi Marcel. » Me répond-t-elle en étant morte de rire.

 

Une fois de plus, j’ai raté mon entrée. C’est mon plus grand problème avec les femmes. Elles ne me prennent jamais au sérieux. Il n’y a aucun problème pour les séduire. Mais dès qu'on doit aller un peu plus loin, elles n’ont pas confiance et s’évaporent dans la nature. Il faudrait que j’arrête de jouer à l’ordinateur, de rouler en scooter, d’éparpiller mes chaussettes. Enfin bref, tout ce qui fait ma personnalité. Quoi que pour les chaussettes, elles n’ont pas tout à fait tord. Quoi qu’il en soit, je raconte à Anna mon entrevu avec Vincent et lui demande si elle a appris quelque chose de son côté à l’université.

 

— « Pas grand chose, j’ai pu rencontrer certains profs et tous m’ont dit la même chose, c’est-à-dire un super élève sans problème, avec de super notes. A priori, ton Vincent ne t’a pas menti, il est doué. »

— « Je sens qu’on va avoir du mal à le retrouver. S'il s’est barré, c’est qu’il a peur. J’espère que le boss aura des infos à nous filer demain sinon on risque de coincer sérieusement. »

— « Bon, je te laisse. » Me dit Anna. « Ne fantasme pas trop sur moi et on se voit demain au bureau. Je t’embrasse. »

 

Par caramel - Communauté : Le Livre Virtuel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Lecture du moment

Engrenages de christopher Walking


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés