Partager l'article ! chapitre I - 2: C’est sur ces belles phrases, que la semaine commence. Nous repartons vers nos burea ...
C’est sur ces belles phrases, que la semaine commence. Nous repartons vers nos bureaux respectifs. Anna a déjà commencé à
être productive, alors que moi j’en suis toujours à chercher mon stylo et mes papiers. Je suis content, j’ai retrouvé un numéro de téléphone que j’avais égaré il y a un mois. Il faudra vraiment
que je songe à ranger ce bureau un jour. L’inconvénient, c’est le laps de temps qu’il y a entre le fait de le songer et le faire. Ça peut prendre, euh……………du temps.
La semaine ne commence pas trop mal, le boulot n’afflue pas pour une fois. Quelques vérifications pour savoir si des individus sont fichés chez nous et c’est
tout. Je vais pouvoir me rechercher un café. La recherche d’une rencontre sur Internet m’a crevé ce week-end, c’est quand même moins crevant en boîte de nuit. Quoi que, écouter de la musique
techno en gueulant à la fille qu’elle vous plaît, je me demande si je ne préfère pas Internet et Led Zep. Surtout qu’avec le bruit en boîte, on ne sait jamais si elle vous a répondu « c’est
gentil, merci » ou « vas te faire voir, abruti ». En tout cas, il y a toujours un i à la fin.
— « ANDREA ! DANS MON BUREAU ! »
C’est le Boss, je l’avais oublié celui là. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas l’avoir vu passer, il faut vraiment que je reprenne un café. A moins que tout
simplement, le boss soit arrivé avant moi.
Comme son surnom l’indique, le boss, c’est mon supérieur. Il supervise notre cellule et fait le lien entre le siège d’Interpol et le ministère de la justice et des
affaires étrangères. Cela lui donne de l’importance, du moins le croit il. Pris au second degré, c’est un personnage attachant qui aime les gens avec qui il travaille, même s'il ne veut pas le
montrer. Il doit bien mesurer 1m70 et peser 85 kg, le crâne dégarni et sa moustache qui rebique un peu, il ne manque pas de charisme. Il suffit juste de ne pas le prendre à rebrousse poils et il
devient un personnage capable de beaucoup donner.
— « Assis-toi, Andrea, j’ai quelque chose pour toi. Tu as passé un bon week-end ?»
— « Pas trop mal ! »
Je n’allais pas raconter mes problématiques sexuelles au boss. Déjà qu'il n’a pas un sens de l’humour hyper développé, en plus il s’en fout quelque peu. Il croit
qu’il est au-dessus de cela. De toute façon son air soucieux m’intrigue, il se frotte le front en croyant qu’il lui reste quelques mèches, puis se gratte la moustache tout en regardant fixement
une feuille sur son bureau. Je n’ai pas l’habitude de le voir comme ça et j’attends de savoir ce qu’il a de si important à me dire.
— « Je crois que tu connais Elena ? Et que sais-tu de la famille Morno ? » me demande-t-il.
— « Ben, Elena, je la connais surtout par téléphone puisqu’elle est ma correspondante en Italie. Pour la famille Morno, c’est une famille de mafieux très influente paraît-il. Qu’est ce qui
se passe ? »
Il essaie de nouveau de rabattre une mèche imaginaire puis se regratte la moustache. Enfin, il me regarde.
— « Je sais que vous avez pas trop l’habitude d’être sur le terrain, mais là il faudra me montrer qui vous êtes. Vu que tu connais Elena et que tu parles italien, tu es sans doute la meilleure
personne pour accomplir la mission que nous ont confié les ritals. Euh ! Excuse-moi, les Italiens. »
Il s’arrête un instant avant de reprendre.
— « Elena a eu une information, comme quoi Morno a été victime d’un piratage informatique et que ce piratage vient d’une adresse informatique à Paris et plus précisément d’un cybercafé dans le
deuxième arrondissement. Il faut savoir qui est derrière tout cela. Je sais que tu es un peu novice mais Elena a visiblement confiance en toi et aimerait que tu t’occupes de l’affaire. Pour ma
part, j’étais un peu réticent à cause de ton manque d’expérience, mais bon, j’ai décidé de te faire confiance. Sache tu as carte blanche… Tu me mettras au courant ainsi qu’Elena. Voilà l’adresse
et les éléments dont on dispose, tout est dans ce dossier. »
Il me tend le dossier tout en gardant son air soucieux. J’aurais préféré qu’il me dise, Andrea tu es le meilleur, tu es fait pour cette mission et en plus tu
es beau, mais bon, cela a le mérite d’être sincère. C’est vrai que ce n’est pas agréable d’entendre dire, Andrea tu es une merde et comme je n’ai personne sous la main… Je me réconforte par le
comportement d’Elena et la confiance qu’elle me témoigne. Je ne l’ai jamais vu, mais à chaque fois que l’on s’appelle ou que l’on s’envoie des mails, le courant passe.
— « Au fait Andrea ! Il en va de l’honneur de notre section à Paris, alors pas de conneries. Le ministre veut des résultats et faut lui en donner. »
— « OK » D’habitude, j’aurais souri sur sa dernière phrase, « le ministre veut des résultats ».
Il adore dire cette formule, cela lui donne une importance. En fait, nous savons très bien qu’il ne connaît aucun ministre mais nous faisons semblant de le croire.
Il en retire une fierté que même Jules César n’aurait pas reniée.
Je retourne au bureau d’un air pensif. Moi qui espérait être peinard cette semaine. Mes sentiments sont mitigés. Je suis à la fois content de sortir de mon train-train
quotidien et un peu inquiet par la pression qui me tombe d’un coup sur les épaules sans que je m’y attende.
— « T’en fait une tête ! Le boss t ‘as allumé ? » Me demande Anna.
Je lui explique brièvement de quoi il en retourne. Brièvement, car en fait je n’en sais pas beaucoup plus. Je consulte rapidement le dossier et je n’en sais toujours pas
plus. Il y a l’adresse du Cybercafé et rien de vraiment enthousiasmant. Avec ça, l’honneur de la section risque d’en prendre un coup. C’est cela qui m’embête, avec aussi peu d’éléments
(c’est-à-dire un seul), si je me loupe, je pourrais adieu à la confiance du boss. Je décide d’appeler Elena, elle, au moins pourra m’en apprendre davantage. J’aime bien parler italien ou anglais,
j’ai l’impression de changer de peau à chaque fois que j’utilise une autre langue.
— « Ciao Elena ! Come stai ? »
— « Andrea ! bene e tu ? »
Je ne sais pas comment Elena est physiquement, mais sa voix dégage une sensualité qui ferait rougir n’importe quel téléphone portable, et ce, malgré un accent
romain prononcé. Après les politesses, je décide d’attaquer le vif du sujet.
— « Je t’appelle, suite à l’affaire que tu nous a laissé. Je ne te cache pas que vu le peu d’éléments en notre possession l'histoire risque de tourner court. »
— « Écoute Andrea » me dit-elle avec un ton moins suave. — « Nous suivons, depuis pas mal de temps maintenant, les agissements de la famille Morno. On l’a mis sur écoute, on essaie de pénétrer
son système informatique mais sans grand succès. C’est un gros dossier pour nous. Il est la pièce angulaire d’un système mafieux international, on en est sûr : Blanchiment d’argent, drogue, etc.
Vendredi dernier, on s’est rendu compte que quelqu’un a essayé de pirater son système informatique. On ne sait pas si il a réussi, mais on a pu tracer l’ordinateur du hacker. C’est le seul
renseignement qu'on ait. Il faudrait savoir qui il est ? et pour qui il travaille ? On a toujours eu des bons rapports tous les deux et j’aimerais que tu nous aides. C’est important. »
Un blanc de quelques secondes laisse entrevoir que la digestion de ces informations est plus difficile que l’absorption des cookies ratés de ma mère. La boule
que j’ai dans le ventre, me signale que cette histoire peut m’entraîner loin. Généralement, j’avais cette boule avant de manger les fameux cookies, mais pas après.
— « Je te promets que je vais faire mon possible. Je te tiens au courant. »
— « Grazie. » Elle reprend sa voix suave. « Et fait quand même attention Andrea, je t’embrasse. »
Elle m’embrasse ! C’est ce que j’attendais depuis ce matin. C’est marrant, mais je n’ai plus besoin de café. J’ai une pêche d’enfer. Anna se marre derrière sa
simili frange. A chaque fois qu’une personne de sexe féminin me parle gentiment, je deviens tout fou. Je suis prêt à escalader le Mont Blanc pieds nus en fumant 4 paquets de cigarettes. Bon ! Il
faut que je retourne faire un topo au boss. Et là par contre, je sais que je vais ressortir en toussant et en ayant froid aux pieds.
— « A toi de jouer maintenant ! » me lance le boss en se replongeant dans ces dossiers.
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